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Publié : 23 juin 2009

LIRE L’ECOLE à SAINT-LEU

Racontée et décrite sous divers modes (médias, politique, brèves de comptoir…) l’Ecole est tantôt embellie, tantôt décriée. Seul l’acte d’inspection peut en restituer un visage de vérité. Parce qu’il se déroule dans une classe où sont réunis des élèves et leur enseignant(e), entourés de cahiers et autres outils pour travailler à des projets exprimés.
Notre Ecole, celle que font exister ces enseignant(e)s de la circonscription de Saint-Leu / Trois-Bassins dans sa réalité, présente des tendances ci-après mentionnées. En creux et en bosses, tendances nous invitant à repenser certains actes, certaines directions, priorités. Moyennant quoi, peut-être, plus d’élèves accèderont-ils à une compétence plus avérée, plus stable, matériau d’un plus franc succès dans leur avenir scolaire.

Photographie de deux années de « lecture de classes »

- L’hétérogénéité des capacités et compétences des élèves a été nettement prise en considération. Constatée à raison de 61, 83 et 87%, elle a très largement progressé dans tous les cycles.

— >Faut-il y voir une conséquence de la focale mise par ailleurs sur la conception de l’aide personnalisée ayant fait apparaître plus clairement les nécessités ?
Si le PPRE ne remporte pas un franc succès (13% en C2, 33% en C3) parmi les formules pédagogiques retenues, l’aide individuelle en classe (44%) et les groupes de besoin (33, 65 et 66 %) sont majoritaires. Au C2, une différenciation interne en cours d’apprentissage est notée dans 48% des cas.

- Le carnet de littérature a amplement fait son entrée dans les classes (78, 87 et 66%). De manière certes très inégale mais avec des expressions parfois nettement littéraires. Les traces dont il témoigne indiquent que la lecture en réseaux a progressé au C3.

— >Il nécessite d’être transmis dans la classe suivante pour être poursuivi. C’est la condition de sens plein et cohérent. Il est une mémoire propice à la stabilité évoquée supra et à la continuité du parcours d’apprentissage.
Il est par ailleurs espace de langue orale dans sa tentative d’élucidation.

- La poursuite du travail en langue orale n’est en effet attestée que pour 48% en C2.

— > Faute de sujets ? De temps ? D’initiatives ?.. Le carnet de littérature est un medium de choix pour la liaison oral-écrit (33% de manifestations pédagogiques structurées en C1. C’est peu !) Il offre la possibilité de traces qui, pour paraître primitives au début, peuvent évoluer vers des écrits très aboutis dès la Moyenne Section.
Pour cela, la pratique graphique quotidienne est requise en parallèle à l’activité de lecture – commentaires. Entraînement systématique ne nécessitant aucune mise en scène artificielle (gabarit à remplir de croix, étoiles, ponts etc…) mais qui au contraire requiert la rigueur des contraintes liées à l’acte difficile et coûteux sans laquelle un progrès n’est guère envisageable.

- La production écrite transversale aux disciplines gagne du terrain en C3. Dans 53% des cas, la langue est objet d’apprentissage (ex : lexique) à d’autres moments qu’en français (en progrès de 40 points sur les deux années). Des synthèses (résumés parfois) sont produites en commun à raison de 46% (en progrès de 33 points)

- La continuité pédagogique constitue quant à elle le maillon faible à des étapes cardinales de la scolarité. Une véritable liaison interne au cycle 2 n’est palpable que dans 30% des cas.
La sous-utilisation de « Lire au CP » corrèle ce paramètre : 26% d’occurrences alors même que les éléments fondamentaux et les enjeux de la problématique y sont clairement élucidés. Or ceux-ci échappent à une vision « programme changeant » par le registre sur lequel ils se situent.
Les propositions de maintien au CP en augmentation à nouveau confirment et renforcent le constat déficitaire à ce nœud didactique : 4,92% de cas, alors que nous étions passés de 5,8 (2007) à 2,88 (2008).

— > L’outil pédagogique CALE gagnerait sans doute à être orienté en fonction de cette nécessité patente. Sa conception même, par l’amont et l’aval dont elle procède, s’inscrit pleinement dans une indispensable continuité programmée. Un jumelage GS-CP donnerait de la chair à une action de fond.

— > Le choix dans les répartitions pédagogiques doit tenir compte de ce constat et des observations de directeurs qui en ont la responsabilité. Pour enseigner valablement à ce niveau de la scolarité, il est contre-indiqué d’exprimer des réticences vis-à-vis du travail en équipe de cycle, bien compris dans ses intentions d’efficacité pédagogique.

La liaison avec le Collège n’est effective que dans 6% des cas – exception faite du R.A.R où elle est institutionnelle –

— > Souhait sans doute plus pieux dans la mesure où bien des paramètres interfèrent et échappent à une maîtrise d’ensemble. A l‘évidence, c’est le gré à gré qui donne quelque résultat. La simple visite au Collège ou des observations de classe (enseignants) sans étayage didactique ne peuvent raisonnablement être considérées comme liaison au sens fort.

Ces relevés ne prétendent à aucune thèse scientifique. Ne serait-ce que parce que les classes inspectées sont différentes d’une année sur l’autre. A usage strictement interne, ces constats ne servent aucune propagande destinée à prouver quoi que ce soit. Ils sont indicatifs de tendances invitant l’équipe de circonscription à diriger ses efforts là où les besoins sont manifestes. Décrivant l’Ecole à laquelle les professeurs des écoles oeuvrent localement, il semblait légitime de les partager avec eux en les restituant dans leurs dominantes globales.