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Publié : 7 décembre 2009

CARNET LITTERATURE : Continuité des apprentissages

Le carnet de littérature rencontre un franc succès. Il est présent dans une très grande majorité de classes. En annexe, quelques témoignages bruts de son existence, avec un échantillon de la diversité rencontrée. La part prise par l’élève et par l’enseignant varie bien entendu selon l’âge. La quantité d’écrit (qui ne peut être l’objectif) varie elle aussi en fonction de l’intérêt, de la richesse du questionnement, des mystères du texte… et des capacités individuelles.
Le standard ne peut exister en la matière. Le carnet de littérature résulte d’une appropriation (pédagogique par l’enseignant, personnelle par l’élève) qui débouche nécessairement sur la singularité. Le tout est de laisser trace d’un moment culturel, d’une rencontre humaine, d’une réflexion intime ou plus simplement suggestion de dialogue.
Quelques rappels et propositions afin de le faire évoluer et s’enrichir dans la mesure où, pour certains élèves, il est vécu pour la troisième année consécutive.

- Il est une mémoire

« (…) l’élève garde mémoire de son parcours dans un cahier personnel d’histoire des arts (…) illustré, annoté et commenté par lui. Pour l’élève, il manifeste de façon claire, continue et personnelle, le parcours suivi en histoire des arts tout au long de la scolarité »
in Instructions relatives à l’histoire des arts

Ainsi, un même titre pourra être repris plus tard et faire l’objet d’annotations complémentaires (retour)
Le carnet aide les enseignants ultérieurs à mieux cerner quelles références sont possédées par les élèves. Elles sont autant de points d’appui aux liaisons intra et inter –cycles.
Il construit un véritable patrimoine, à la fois sur le plan culturel et sur le plan lexical (liaison GS-CP).
Il balise le temps (scolaire et général) pour des enfants qui grandissent. Ils sont invités à observer leurs propres expériences culturelles.
Il étaye le raisonnement et la réflexion en contribuant à donner sens aux situations vécues en classe.

- Il est une bibliothèque personnelle

Il stabilise des temps forts, soutenus par des titres – phares. Ces œuvres, au fil du temps, tissent les réseaux de lecture sans lesquels une véritable culture ne peut se développer de façon cohérente, c’est-à-dire liant différents éléments historiques, culturels, conceptuels…
Il permet de se construire son propre système de repérage en facilitant les dialogues inter – textuels (traitement d’une même question par des auteurs différents)
Il donne matière à valoriser des acquis individuels par la reconnaissance de ceux-ci.

- Il est un espace d’écriture vraie

Bien plus fiable à ce titre que toute forme d’évaluation calibrée. Ce que l’élève exprime et la manière dont il le fait reflètent fidèlement ce qu’il est et sait à un moment donné de son parcours. Observer les évolutions de ses compétences à dire et raisonner par écrit renseigne valablement sur la réalité de ses acquis.
Et ceci d’autant plus que le carnet de littérature, par son aspect très personnel, est véritablement au service de la différenciation en échappant à toute normalisation.

- Il est un cadre et un point de départ

Aide personnalisée : dialoguer ou débattre à partir des ressentis consignés dans le carnet qui joue le rôle d’espace d’échanges qui ont un sens vrai. En cela, l’aide est réellement personnalisée puisqu’elle part du matériau fourni par l’élève et met en jeu sa propre capacité du moment à évoquer, raisonner, démontrer, exprimer, soutenir, justifier, argumenter, produire de l’énoncé oral… Toutes opérations qui concourent très directement à la maîtrise de la langue orale.
En maternelle où l’aide personnalisée peut poser problème, le champ idéel que matérialise le carnet de littérature pourra être mis en mots de manière particulièrement profitable.
Ce sera aussi l’occasion de porter de nouvelles annotations le cas échéant, même sous la conduite d’un(e) autre enseignant(e). C’est l’élève et son cheminement individuel (intellectuel, cognitif, culturel) qui créent ici l’unité et donc la continuité.

- Il est un lien inter-cycles

Aussi bien à la charnière Maternelle – Elémentaire à laquelle il fournit un répertoire lexical qui devrait alimenter et guider l’apprentissage technique de la lecture, qu’au passage pour le Collège : les professeurs de français gagneraient à en prendre connaissance et constater ainsi quelles expériences du lire les élèves ont eue antérieurement. Reconvoquer des écrits fréquentés permet de gagner du temps, de stabiliser des références, de partir du réellement maîtrisé plus que d’une sorte de longueur d’onde moyenne peu congruente avec le projet personnel de l’élève. Il mériterait à ce titre d’être support à dialogue didactique avec les professeurs de collège cette fois, dans les moments dédiés à la liaison institutionnelle.

- Il donne de la chair au socle commun

N’oublions pas que la première mention à l’idée de « socle » était attestée par le programme 2002 et le document d’accompagnement « littérature ». Ce socle commun s’appliquait au domaine culturel de référence : les ouvrages lus, étudiés, connus des élèves et qui font unité entre eux.

- Il prépare la mise en oeuvre du cahier de l’histoire des arts :

En prévision de ce cahier prévu par le programme au cycle 3, on pourrait imaginer que le carnet de littérature soit progressivement agencé comme le suggèrent Daniel Lagoutte et François Werckmeister (L’histoire des arts au cycle 3 – Hachette 2008).
Peu à peu, inciter l’élève du cycle 3 à diriger sa pensée et son écrit vers trois grandes rubriques :

 Ce qu’il nous faut savoir : des repères sur l’auteur, son œuvre, les titres déjà connus… Les références dont procède la compréhension du lecteur (réseau)

 Ce qui nous est présenté : le corps du texte en lui-même, le ou les thèmes ; quelques mots sur leur traitement littéraire…

 Ce qui nous touche (cette troisième rubrique étant majoritairement celle qui aura été développée au cours des années précédentes) : les ressentis, émotions, jugements du lecteur ; ses prises de position par rapport à celles de l’auteur.

C’est un entraînement méthodologique transférable (organisation des données). Il présente cet intérêt d’aider à structurer les références tant culturelles que littéraires ou idéelles.
Ces rubriques, prises à rebours, peuvent aussi étayer une progression du carnet de littérature au fil de la scolarité :

- Cycle 1 : expression des émotions

- Cycle 2 : l’émotion et la forme qui les sert (choix des mots, tournures syntaxiques, copie d’énoncés)

- Cycle 3 : émotion, échantillons d’écrits choisis, et « savoirs savants » du contexte.

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