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Publié : 29 octobre 2010

ART DECO : quelques éléments

C’est à l’entre-deux guerres que Marc CHAGALL réalise la centaine de toiles sur le thème des Fables. L’époque n’est pas anodine : le monde, l’Europe en particulier, sort d’un conflit d’importance qui a laissé des traces matérielles mais aussi morales. La création connaît une période de recherche particulièrement intensive. Le mouvement surréaliste (Chagall ne fait pas partie du groupe) prend son essor ; on découvre Jean COCTEAU. Les techniques connaissent elles aussi une sérieuse évolution : Charles LINDBERGH traverse l’Atlantique ; le béton armé devient un matériau répandu qui permet d’autres réalisations en se prêtant à toutes sortes de formes. Il offre une surface plus lisse et nue que la brique, rappelant les blocs de pierre utilisés par des civilisations antérieures. C’est ainsi que les gratte-ciel Art Déco sont généralement faits de segments empilés de dimensions décroissantes avec jonctions à angles droits : rappel des pyramides à degrés aztèques et mayas.
Les architectes rejettent en effet les formes antérieures (Second Empire, Troisième République) et visent à la simplicité : géométrie et cohérence structurelle ; la forme exprime la fonction du bâtiment, sans ornements superflus.

En 1919, Walter Gropius a créé en Allemagne une école d’architecture : le Bauhaus à vocation pluridisciplinaire. En France, Le Corbusier (de son vrai nom Charles-Édouard Jeanneret) réalise le pavillon de l’Esprit Nouveau à l’occasion de l’exposition internationale des Arts Décoratifs et industriels (Paris 1925.) Le terme d’Art Déco est né. Il va se développer autour de réalisations originales pendant une vingtaine d’années à la faveur notamment de la nécessité de reconstruire des villes très sévèrement endommagées à la suite de la première guerre mondiale. Le mouvement Art Déco influencera l’aménagement de l’espace, tant extérieur (architecture) qu’intérieur (ameublement : souci de confort dans les fauteuils aux formes profondes ; bois peu apparent, souvent dissimulé par un revêtement cuir ou textile ; apparition du cosy-corner). Il préfigure le design, s’étendra de fait à toutes les formes d’arts plastiques.
Son approche résulte de diverses influences contemporaines : les « Ballets russes » de Serge DIAGHILEV qui mêlent musique, danse et peinture, introduisant de nouvelles modes : éventails, plumes, utilisation de couleurs vives et insolites, en parallèle à l’influence du fauvisme (couleurs audacieuses qui ne sont plus strictement descriptives). Mais aussi le mouvement cubiste appliquant une théorie de Paul Cézanne : « La nature peut se traiter par le cylindre, la sphère, le cône ». En matière de mode vestimentaire, l’émancipation de la femme donne lieu à l’apparition du style « garçonne » (titre d’un roman de Victor MARGUERITE) dont la figure emblématique est l’actrice américaine Louise BROOKS.

Les années 1920 sont particulièrement fastueuses pour l’Art Déco qui va s’essouffler peu à peu vers la fin des années 1930 en raison même de son caractère soigné, luxueux et coûteux, donc élitiste (aménagement de l’espace Première Classe du paquebot Normandie) : les pièces de mobilier sont souvent uniques ; elles requièrent des artistes plus que des artisans (utilisation de la marqueterie en ébénisterie). La clientèle est aisée, recherche la nouveauté mais dans une limite de conformisme bourgeois : les formes restent classiques, rappellent des styles antérieurs - Louis XVI, Directoire, Louis-Philippe - dont les lignes de force vont être simplifiées sous l’influence du Cubisme. Le Bauhaus exercera peu à peu une hégémonie en engageant la production en série annonçant la société de consommation : le beau à moindre prix. Deux tendances coexistent alors : une traditionnelle (s’adresse à une élite fortunée – voir les immeubles du 16è arrondissement, voisins du Palais de Chaillot) ; une fonctionnelle (le design et ses applications industrielles)

Le style « paquebot » (ou Streamline Moderne) est une branche tardive du style Art Déco. Les formes sont empruntées au monde naval (hublots, balustrades) avec prédominance de courbes, d’incurvations, de longues lignes droites horizontales. La lumière électrique est largement utilisée pour modeler l’espace (douze hauts piliers en verre de Lalique et trente-huit colonnes lumineuses illuminent la salle à manger des premières classes à bord du Normandie).
L’Art Déco monumental laisse des témoignages remarquables tels que le cinéma Rex (Paris) et ses dimensions extravagantes : salle pouvant accueillir plus de 5000 spectateurs sur 2000m² ; plafond à plus de 30m, représentant une voûte étoilée. L’Art Déco voisine avec l’époque antérieure : Hôtel Negresco et Palais de la Méditerranée sur la Promenade des Anglais.

en annexe : quelques représentations Art Déco

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