Vous êtes ici : Accueil > Pédagogie pratique > Littérature > Ch. PERRAULT, quelques repères...
Publié : 18 juin 2011

Ch. PERRAULT, quelques repères...

Pour un socle commun aux écoles avant d’aborder l’oeuvre :

PERRAULT (1628-1703), un choix littéraire habile :

A la suite de La Fontaine (1621-1695) dont il est le parfait contemporain mais aussi le « frère ennemi ».
- Ils traitent tous deux au fond le même motif éducatif
- La Fontaine représente les Anciens par ses références à l’Antiquité et ses sources narratives
- Perrault les réfute, comme suite à une lecture célèbre (Académie 1687), irrévérencieuse à l’égard d’Homère et des auteurs classiques. Ce sera la « querelle des Anciens et des Modernes » qui l’opposera à Boileau de longues années durant.

PERRAULT le touche à tout :

Une œuvre culturelle protéiforme peu connue : chargé par Colbert de la politique artistique et littéraire de Louis XIV (1663) ; contrôleur général des bâtiments du Roi ; collabore à la fondation de l’Académie des Sciences, à la relance de l’Académie de peinture ; reçu à l’Académie française en 1671 (préfacera son Dictionnaire en 1694).

PERRAULT le conteur :

Contes de ma Mère l’Oye (la nourrice). Publication en 1697.
C’est une mise en forme de récits de tradition orale, issus du folklore, très à la mode dans les Salons. Perrault leur ajoute une morale (parfois disparue dans les adaptations) à visée éducative. S’il conserve l’univers du merveilleux (objets magiques, animaux qui parlent), il expurge tout le superflu narratif (concision du récit, absence de longues descriptions). Son propos est de dégager clairement des stéréotypes à des fins d’argumentation pour un accès plus facile à la compréhension (la morale).
Il prend des libertés par rapport aux énoncés oraux d’origine : Les fées ne sont plus les symboles du renouveau de la nature mais d’élégantes femmes qui aident les héros.

PERRAULT, sa lecture :

Les contes prennent alors une nette valeur identificatoire (modèles clairs et leurs opposés), propice à la généralisation. Bien et mal sont simples à discerner, portés par des personnages différents.
Les contes sont d’une lecture divertissante qui permet un échange sur la psychologie des personnages, les péripéties et leur utilité dans le récit, leur fonction initiatique, les enjeux existentiels.

 Noter à ce propos que les Contes de ma Mère l’Oye sont des récits de l’entendement (ouïr – entendre – comprendre). Une extension en Histoire des Arts est rendue possible vers l’histoire du Jeu de l’Oie (il procède de la même étymologie), lui aussi ancré dans la tradition très ancienne du labyrinthe (parcours d’initiation : se connaître soi-même)
Comme quoi : Anciens, Modernes…

PERRAULT et quelques réseaux possibles :

Les conteurs de tout temps et tout lieu (Grimm, Andersen, Aymé…)
A partir du Chat Botté, le personnage du chat dans la littérature (ce qui changera un peu du loup !) Reprendre le traitement par La Fontaine ou par le Roman de Renard, les Contes du Chat Perché…
Les ogres : ceux de la tradition, ceux du temps présent dans les albums. Personnage fortement symbolique, demeuré au stade très pulsionnel (oral).

Au total, bien lire et bien prendre le temps de comprendre les Contes de Perrault est indispensable pour bien lire et bien comprendre la littérature contemporaine et ses anti-héros, personnages décalés et autres substituts.
 L’Enfant Océan (JP Mourlevat), road book du temps présent, fait très largement référence au Petit Poucet et ne peut être vraiment goûté qu’ensuite.

Ne pas passer à côté de l’occasion fournie pour l’apprentissage de l’oral (souvent délaissé au cycle 3). Il trouvera ici amplement à s’exercer en matière de débat : les relations humaines (familiales, sociales) dans les contes ; les conditions d’une existence moralement acceptable.

Souvenirs de PERRAULT :
Le Petit Poucet
Peau d’Ane
Cendrillon
Le Chat botté,
La Barbe bleue
La Belle au bois dormant
Les Fées
Riquet à la houppe
Le Petit Chaperon rouge