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Publié : 18 juin 2011

EN ATTENDANT PERRAULT.

La Soeur Anne a beau monter en haut de la tour depuis l’annonce de la livraison des livres, elle ne voit rien venir pour le moment... En attendant et pour se préparer à découvrir le livre, quelques informations relatives aux illustrations de la version choisie : les images d’Epinal.

Les Images d’Epinal s’inscrivent dans la tradition des arts graphiques, elle-même liée à l’histoire du Livre. La tradition de l’imagerie est très ancienne (XVè siècle), destinée à l’origine à des publics campagnards illettrés. Les images d’Epinal sont créées au XIXè siècle à Epinal, à l’initiative de Jean-Charles PELLERIN, premier imprimeur à éditer en série ce type d’image.

Elles traitent de religion, d’histoire (les batailles) ; peuvent également illustrer des romans populaires. Le terme d’illustration est daté de 1843 : il s’agit du nom d’un hebdomadaire « à images » : survol imagé de l’histoire racontée. On parle aussi d’iconotexte à l’époque contemporaine.

L’illustration recouvre diverses fonctions, de la plus simplement ornementale à la plus sémique : amplifiant les interprétations produites par la lecture du texte, ajoutant de l’information, créant le doute… Selon le cas, elle sera simplement dénotative ou s’orientera franchement vers le connoté.

Au fil du temps, « Image d’Epinal » a pris un sens partagé à tendance péjorative : représentation naïve et sympathique, souvent stéréotypée, d’une situation, un comportement…

Histoire de la langue : Ce n’est pas étonnant dans la mesure où la technique de production de ces images a recours au stéréotype qui permet la production en grand nombre au XIXè siècle : moulages en plomb à partir des bois gravés. Antérieurement, elle était gravée sur une planche de bois puis pressée à bras. La couleur était ajoutée moyennant des pochoirs. En 1820, la lithographie amène un changement de style radical avec des dessins plus fins. En 1900, la mise en couleurs, toujours au pochoir, est facilitée grâce à une machine pouvant colorier 300 images à l’heure : l’Aquatype.

Au départ simple tableau unique, les images vont-elles-mêmes composer parfois une histoire complète. L’imagerie d’Epinal produira aussi des devinettes : tableaux dans lesquels rechercher un élément, un détail, soigneusement caché. Un peu le principe contemporain de « Charlie »

Les images d’Epinal vont connaître un essor particulier avec l’avènement des « réclames », ancêtres de la publicité, ainsi que de celui des célèbres bons-points distribués aux élèves méritants.