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Publié : 5 octobre 2011

"Chez Perrault" 02 / GALERIE DE PORTRAITS

Avec l’étude des portraits, nous entrons de plain-pied dans la lecture à visée morale par cette étude longitudinale des Contes de Charles Perrault. Propos et conduites sur la scène renseignent en effet sur les choix de l’auteur en la matière. C’est le très "gros morceau", les personnages étant autant de paroles tenues au service d’une démonstration.

Dans les Contes comme dans les Fables, se rencontrent, se croisent, s’affrontent ou collaborent, voire s’unissent des personnages aux identités diverses : humains, animaux, créatures. Chacun présente une vraisemblance plus ou moins accentuée, manifestant des comportements ou tenant un discours marqués du sceau de l’anthropomorphisme. Indice qui montre que l’œuvre traite bel et bien de la condition humaine.

Si l’attention est traditionnellement centrée sur les personnages principaux lors des moments littéraires en classe, les personnages secondaires sont souvent oubliés en revanche. Or nous verrons qu’ils ont une importance loin d’être négligeable et que leurs comportement, posture morale, action dans le récit peuvent susciter le débat.

Ces dialogues et actions, chez Perrault aussi bien que chez La Fontaine, développent des stéréotypes facilitant la compréhension du lecteur dans son effort pour distinguer le bien du mal. Ils servent en réalité le propos éternel sur l’ambivalence, la dualité humaine : « l’homme n’est ni ange ni bête »[1]. Cette compréhension de la psychologie de portraits choisis par l’auteur procède d’une dialectique voisine de cette conversation entre Ulysse et Pénélope sur une distance de vingt années[2]. Toutes ces conduites contraires seront objets d’étude pour une compréhension de l’œuvre (système complexe), de ses enjeux, de ses ressorts. Dans cette intention sera élaboré un questionnement approprié visant à dégager la valeur morale et donc éducative.

Une entrée dans les Contes peut donc consister en une étude comportementale. Les acteurs sont très nombreux, ce chapitre sera donc très long. Il n’est guère possible de les étudier tous en classe pour des raisons de temps (et d’intérêt suscité auprès des élèves). Il faudra sélectionner ceux dont la valeur morale proposée par Charles Perrault sert le mieux les objectifs pédagogiques du moment.

Le fil conducteur de la présente étude est la traduction des implicites. L’auteur qualifie rarement. C’est au lecteur de dresser le tableau clinique du caractère moral des personnages. Ce caractère sera explicité à l’occasion de ce passage en revue de tous les acteurs présents sur la scène.

A partir de maintenant, le lecteur est invité à prendre cette main tendue par les personnages afin de les suivre dans les Contes. Chemin faisant, qu’il essaie simplement de repérer son point de vue sur leurs conduites et paroles. Compréhension et morales surgiront du degré de cette empathie à la fois intellectuelle et culturelle. L’étude proprement dite pourra débuter lorsque ce "socle commun" de références aura été stabilisé. Tel sera l’objet des fiches à venir. Elles se proposent d’aider à la formulation du questionnement de texte.


[1] Blaise Pascal

[2] Wladimir Jankelevitch – L’irréversible et la nostalgie - 1983