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Publié : 24 novembre 2011

"Chez Perrault" 07/ Portraits d’animaux

Les animaux sont appelés sur scène au fil des contes.

S‘ils sont nettement moins nombreux que dans les Fables, leur emploi littéraire appelle néanmoins une étude attentive.

Plus ou moins proches de l’homme, ils sont porteurs de différents symboles, assument des fonctions diverses à l’identique du monde des humains.

Certains animaux font une carrière plus remarquée que d’autres dans la littérature. Le Roman de Renart [1], mais pas seulement, en avait déjà introduit quelques-uns dans cette réflexion entre nature et culture (animaux de la ferme, animaux de la forêt).

 

Charles Perrault en sélectionne quelques-uns qui vont parler et agir à la place des hommes… à qui ils ressemblent tant, ainsi que Jean de La Fontaine et d’autres fabulistes avant lui l’avaient déjà fortement suggéré !

Étroitement mêlés les uns aux autres, ils recomposent une société civile d’un deuxième type où ce mélange des genres n’étonne personne : ni le lecteur ni eux-mêmes. Ils parviennent à dialoguer, quels que soient les enjeux de ce dialogue (affrontement ou coopération).

Plus encore que les hommes d’exception, les animaux scellent le pacte du merveilleux, ainsi que de la fable.

Dotés de la plupart des capacités humaines, ils facilitent le traitement littéraire en permettant à la fois à auteur et lecteur de prendre du recul. Dans l’étude d’un comportement manifesté par un animal, se produit un déblocage intellectuel et cognitif par une sorte de libération affective. C’est vraiment un autre dont on parle ; il ne s’agit pas -officiellement du moins- d’un double de moi-même ou d’un tiers existant que je serais amené à critiquer, voire contester. « Toute ressemblance avec une personne existant ou ayant existé ne pourrait être que fortuite  » selon l’expression réglementaire et consacrée. Il est donc possible à l’auteur de tout dire ; possible au lecteur de tout entendre. Perspicacité et lucidité, de l’un comme de l’autre, aboutissent au résultat souhaité :

« Tout parle en ouvrage, et même les poissons (…) Je me sers d’animaux pour instruire les hommes. [2] »

 



[1] Le roman de Renart – XIIe & XIIIe siècles

[2] Jean de La Fontaine – Fables – A Monseigneur le Dauphin

 

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