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Publié : 14 mars 2009

LIRE ET COMPRENDRE

Lire, c’est être soi avec ses limites et ses compétences et commencer à réussir à comprendre. L’expérience de la pluralité des interprétations individuelles est nécessaire, ainsi que celle de la mise à distance que l’œuvre impose. Car l’œuvre est nécessairement complexe et déjoue les interprétations immédiates. On le voit bien : nous sommes aux antipodes de la lecture dirigée traditionnelle.
Invité à la remémoration (par exemple grâce au carnet de lectures) et à l’anticipation (par des relais de lecture aménagés par le maître), le lecteur doit être accompagné dans son parcours de l’œuvre, en lui faisant remarquer l’acquis pour aller vers le non-su de l’œuvre : c’est ainsi que se construit le sens.
Le lecteur doit se raconter la lecture (ou la raconter à d’autres) pour capitaliser l’intertexte et le plus grand nombre possible de trames narratives. Il est donc amené à produire lui-même du récit. Ce ne sera pas de la paraphrase mais sa production originale : ce à quoi il s’attache à la lecture de l’œuvre ; produit de l’écho que celle-ci génère chez lui.

C’est pourquoi la lecture en réseau est indispensable : elle construit les rapprochements pertinents entre les textes qui aident à la compréhension en la soutenant.

L’objectif mérite d’être culturel avant tout, en évitant la technicité excessive.

Se pose le problème de l’évaluation de la compétence développée : elle ne peut porter sur le formel puisque l’objet relève du fondamental.
Presque du « non-dit » puisque fort souvent les choses ne sont pas écrites et pourtant comprises.

C’est comprendre qui peut nous combler ; pas d’être arrivés au bout de la lecture, au prix parfois d’efforts surhumains mobilisés à décrypter.
Le fond l’emporte sur la forme. La qualité l’emporte sur la quantité.
La lecture littéraire ne s’inscrit résolument pas dans la consommation de livres, l’empilement, le challenge numérique. La somme des mots compris n’est pas le but à atteindre. Les élèves ne doivent pas être encouragés au contre-sens sur les finalités de l’acte.

« La chaine de l’utilité est par définition sans fin. C’est toujours en posant des valeurs supérieures à elle que nous y mettons un terme. »
Luc FERRY

Dès lors , quels sont les enjeux ? Le "dialogue" qui suit propose une piste pour un essai de réponse possible...

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